+216 21 589 182 contact@agriscoop.com

Mildiou de la pomme de terre: Bien connaître le maladie pour un contrôle efficace

Le mildiou de la pomme de terre est une maladie cryptogamique provoquée par le champignon Phytophtora Infestans. Il s’agit de l’une des maladies de la pomme de terre les plus redoutées en Tunisie car elle peut entraîner jusqu’à 80% de pertes.

Le mildiou est LA bête noire des producteurs de pomme de terre. Il nécessite un traitement  préventif coûteux et en cas d’infestation, il est très difficile à maîtriser. Le mildiou évolue très rapidement et sur de grandes distances quand les conditions lui sont favorables : pluie, taux d’humidité élevée et températures. La mycélium se développe alors sous les feuilles et produit des spores qui vont assurer sa propagation. On estime le coût annuel des dommages causés par le mildiou à travers le monde à quatre milliards de dollars.

Bien connaître le mildiou

Cette maladie touche toutes les parties de la plante, au-dessus et dans la terre, sachant que le champignon ne peut survivre que dans les tissus vivants de l’hôte. Quand l’hôte meurt, le mildiou meurt aussi.

La maladie et les facteurs favorisants

Pour se développer (sporuler et germer) la spore a besoin d’humidité et de température favorables : un taux élevé d’humidité et des températures modérées (de 10 à 15°C la nuit, de 16 à 20°C le jour). Les lésions sont les plus visibles après des nuits très humides ou des périodes de précipitations. La pluie, la rosée, l’irrigation par aspersion et une humidité relative élevée (>90%) et continue pendant un minimum de 7 à 10 heures. Une fois dans la feuille, l’humidité de celle-ci assure la survie du pathogène.

-La vitesse d’incubation dépend de la température (15-20°C) et le délai entre le dépôt des spores sur une feuille et la formation d’une lésion est de 7 à 10Jours.

Les spores de cet oomycète hivernent sur des tubercules infectés, en particulier ceux qui ont été laissés sur le sol après la récolte de l’année précédente, on conservés en tas. Leur dissémination est occasionnée par :

*Le plant contaminé

*Les oospores contenues dans le sol

*le vent qui dissémine les spores produites sur de longues distances

Symptômes

Le mildiou de la pomme de terre se manifeste sur les différentes zones de la plante : les feuilles, les pétioles et tiges ainsi que les tubercules.

Feuillage et végétation

Lors d’une infestation à Phytophtora Infestans, des tâches qui brunissent et qui sont entourées d’une auréole vert-clair à jaune apparaissent sur la face supérieure des feuilles. La face inférieure de la feuille est quant à elle recouverte de tâches de duvet blanc. Ces tâches se multiplient puis se dessèchent ce qui conduit à la mort du feuillage.

Attention, ce symptôme peut-être confondu avec le Botrytis Cinerea (Moisissure Grise) en raison du feutrage qui apparaît. Toutefois, le Botrytis s’attaque plutôt à des parties végétales fragiles ou abîmées.

Des tâches brunes, parfois nécrotiques, peuvent se manifester sur les tiges, pétioles ou bouquets terminaux.

Tubercules

A l’extérieur, les tubercules montrent des tâches aux contours mal définis et des marbrures de couleur brune ou gris-violet. Lorsque l’on coupe ces tubercules, on observe alors des zones marbrées de couleur rouille juste en dessous de la peau. Les dégâts peuvent parfois s’étendre jusqu’au cœur de la pomme de terre. Ces altérations du tubercule sont la porte d’entrée à d’autres pathogènes qui peuvent provoquer de la pourriture humide.

Lutte

La prévention est LE mot d’ordre pour lutter contre le mildiou de la pomme de terre. Plusieurs actions peuvent être mises en œuvre pour éviter une infection :

* Une bonne connaissance de la maladie

*La surveillance continue des parcelles

  • Faire une rotation des cultures régulièrement et l’allonger au maximum,
  • Opter pour des variétés moins sensibles,
  • Utiliser un fongicide à titre préventif,

Détruire instantanément les déchets et les repousses,

Faire un bon buttage pour éviter la contamination des tubercules « fils » (en fin de culture),

Être réactif : Dès l’apparition des premiers symptômes il faut procéder à un traitement curatif à l’aide d’un fongicide efficace.

Vu sa courte durée d’incubation et sa sporulation très importante, ce champignon devra susciter le plus d’attention de la part des producteurs de pomme de terre. Le meilleur moyen de s’en protéger est d’adopter des mesures préventives pour empêcher l’installation et la germination des spores. D’une façon sommaire, la lutte contre les principales maladies fongiques de la pomme de terre se fait en plusieurs étapes :

-Avant plantation

Opter pour une rotation culturale entre solanacées et les autres familles

Éliminer les résidus des précédents culturaux (repousses et feuilles) et les mauvaises herbes (surtout de la famille des solanacées)

Désinfecter les lieux qui ont servi au stockage des récoltes précédentes et l’outillage.

Choisir dans la mesure du possible une variété relativement résistante et une semence certifiée.

-Après plantation

Conduire la culture en butte

Eviter l’irrigation par aspersion

Eviter les excès d’azote

Éliminer régulièrement les fanes et les plants malades

-La lutte chimique

Le choix du produit approprié (contact, systémique etc..) pour lutter contre les maladies fongiques de la pomme de terre est régi par plusieurs paramètres à savoir le stade de la plante, le but du traitement (préventif ou curatif) et l’étendue de l’aire de traitement (foyer ou général).

Les modèles d’aide à la décision de traitement, très utilisés dans les grands pays producteurs de la pomme de terre (Pays-Bas, Belgique, France etc..) se basent essentiellement sur une bonne prévision des conditions climatiques, qui ne dépasse pas 5 jours dans les meilleurs des cas. D’autres paramètres sont pris en considération comme le niveau de résistance de la variété, le type du sol, le précédent cultural et le stade de la culture.

Les différents types de produits

-Type 1 : Produits de contact sans protection des tubercules. Ils assurent action préventive par destruction des spores lors de la germination.

-Type 2 : Produits de contact ou assimilés, avec protection des tubercules. Forte action préventive sur les spores. Diminution du potentiel du feuillage, des tiges et des tubercules.

-Type 3 : Produits pénétrants ou translaminaires (pénètrent dans la plante) avec ou sans rétroaction (curativité). Action de protection du feuillage, des tiges et des tubercules.

L’efficacité de la protection fongicide dépend :

-de la qualité de l’application : pression, volume, vitesse, et type de bus

-des conditions météorologiques

-du choix du fongicide : différentes propriétés seront requises tout au long de la saison de culture, selon le stade phénologique, la pression de la maladie et l’état sanitaire du champ

-du moment d’application à l’intérêt d’un système d’avertissement.

 

RECOMMANDATIONS

*Toujours supposer que la maladie est présente.

*Inspecter les semences et écarter tout tubercule suspect

*Utiliser un traitement fongicide pour les semences. Selon des études, ce traitement serait efficace pour réduire le risque de propagation pendant le tranchage et la plantation.

*Détruire les repousses de pommes de terre.

*Vérifier fréquemment les prévisions des éclosions de la maladie.

*Vérifier de près les champs pendant toute la saison

*Porter une attention particulière aux endroits plus enclins à des taux élevés d’humidité pendant de longues périodes, les dépressions et le long des lisières d’arbres, etc.

*Enterrer tous les déchets

*Détruire immédiatement toutes les plantes infectées ;

*Avertir les voisins de tout problème

*Vérifier fréquemment le fonctionnement du pulvérisateur, ses buses et l’étalonnage

*Au besoin, adopter une stratégie de protection vigoureuse tôt dans la saison

*Appliquer toutes les quantités de fongicide indiquées

*Confectionner une butte assez haute.

Agriscoop
À propos de l'auteur

Laisser une réponse

*

Find NULLED WordPress Themes and Plugins at NulledHub.net