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Les pucerons des rosacées à noyau: Biologie, dégâts et stratégie de lutte

Posted On 27 août 2018
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La faune des Arthropodes nuisibles aux rosacées à noyau est particulièrement riche et diversifiée. Seuls quelques ennemis-clés occupent une place importante dans la protection phytosanitaire des vergers. Il s’agit, en particulier, des pucerons de la cératite, du pou de San José et du capnode noir. L’autre catégorie de phytophage, beaucoup plus large, a une activité déprédatrice, souvent économiquement peu importante mais très variable selon les régions, les vergers, les variétés, etc. Bien évidemment, les programmes de lutte dans les vergers sont organisés selon les possibilités de maîtrise des ravageurs-clés. Dans ce document nous nous limiterons à la biologie et aux effets nuisibles des pucerons susceptibles d’être rencontrés dans les vergers de rosacées à noyau et nous proposerons une stratégie de lutte.

Les espèces

Cinq espèces de pucerons sont susceptibles d’attaquer les rosacées à noyau :

-Brachycaudus amygdalinus nuisible à l’amandier.

-Hyalopterus pruni nuisible àl’ensemble des rosacées à noyau.

-Myzus cerasi nuisible au cerisier.

-Myzus persicae nuisible au pêcher.

-Pterochloroides persicae nuisible au pêcher et à l’amandier.

Eléments de biologie

Pour les quatre premières espèces de pucerons, elles passent la plus grande partie de leur cycle sur les rosacées à noyaux comme hôtes primaires alors que les plantes herbacées (spontanées ou cultivées) sont classées d’hétéroeciques.

Ces espèces hibernent sous forme d’œufs, éclosent vers mi à fin mars et donnent naissance à des femelles (fondatrices). La période d’intense multiplication des populations s’échelonne selon les espèces sur 2 mois et demi à 3 mois environ (mars à fin mai). Les individus ailés quittent progressivement les arbres fruitiers pour coloniser les hôtes secondaires (vol d’émigration). Ces espèces disparaissent totalement des arbres fruitiers vers fin juin. A la fin du mois d’octobre, des individus ailés (sexupares) commencent à revenir sur les hôtes primaires (vol de retour) pour donner naissance aux femelles ovipares. Celles-ci s’accouplent et déposent leurs œufs, isolément à l’aisselle des bourgeons.

Le puceron noir du pêcher (Pterochloroides.persicae) est une espèce monoécique qui effectue tout son cycle sur ces plantes hôtes. Cette espèce aphidienne se manifeste par des colonies très denses sur le bois des rameaux et du tronc.

 

Les effets nuisibles des pucerons

Les pucerons sont des insectes piqueurs suceurs qui s’alimentent de la sève des plantes. Il en résulte un affaiblissement de l’arbre qui peut être grave en cas de pullulations aphidiennes. Les dégâts sont variables selon les espèces :

*Brachycaudus amygdalinus : L’espèce provoque sur amandier l’enroulement et la crispation du feuillage, qui se traduit par la chute des fleurs et des jeunes fruits. Les dégâts sont souvent importants.

*Hyalopterus pruni: Bien qu’il s’attaque à l’ensemble des rosacées à noyau, les dégâts provoqués par ce puceron sont rarement importants. Mais, là où ils pullulent, ils excrètent d’importantes quantités de miellat favorisant le développement de la fumagine, un champignon qui perturbe les fonctions physiologiques de la plante et qui provoque l’altération des fruits.

*Myzus cerasi : L’espèce entraîne la crispation du feuillage du cerisier avec excrétion d’un abondant miellat provoquant la brûlure des feuilles.

*Myusus persicae : Cette espèce forme d’importantes colonies à la face inférieure des feuilles et peut provoquer de graves déformations sur pêcher. Le plus souvent on constate la torsion des rosettes, l’enroulement et le jaunissement des feuilles suivis parfois par leur chute. Ceci perturbe la croissance des rameaux et des fruits. Les pertes sont souvent très importantes.

*Pterochloroides persicae : Cette espèce, qui évolue en colonies denses sur diverses parties lignifiées de l’arbre, provoque des nécroses localisées graves.

 

Stratégie de lutte

Contre les 4 premières espèces (B.amygdalinus, H.pruni, M.cerasi et M.persicae) il est nécessaire de surveiller les vergers dès le début du mois de mars pour localiser les premiers foyers. Un traitement aphicide classique effectué vers la fin mars (juste avant la floraison) permet de bien contrôler les pucerons. Ce traitement, effectué à cette époque de l’année, présente les avantages suivants :

*Les populations de pucerons se trouvent à un faible niveau, donc facilement contrôlables par un traitement correctement exécuté.

*Le feuillage n’est pas suffisamment développé et les feuilles, encore faiblement infestées, ne se sont pas enroulées ce qui améliore l’efficacité de l’intervention.

*Les auxiliaires qui jouent un rôle important dans la régulation des populations aphidiennes, ne sont pas encore actifs. Ces pucerons ont, en effet, de nombreux ennemis naturels (Coccinelles, syphes, cécidomyies, aphidiides) souvent incapables de contrôler leur multiplication. Toutefois si leur présence est constatée, le producteur a intérêt à utiliser des produits inoffensifs pour ces auxiliaires.

Pour le cas précis de M.persicae, une espèce qui développe rapidement une résistance croisée sous la pression sélective des insecticides, il faut être très vigilant. Les aphicides appartenant aux 3 familles neurotoxiques (organophosphorés, carbamates et pyréthrinoîdes) s’avèrent souvent inefficaces. Il faut par conséquent utiliser des produits qui agissent sur des sites précis du puceron.

Contre le puceron noir du pêcher (P.persicae), vu l’ampleur et la rapidité des dégâts qu’il peut causer aux troncs et rameaux des rosacées à noyau, il est impératif de localiser tout foyer et de le traiter dans les plus brefs délais. Mais, ces dernières années, les attaques de ce puceron sont devenues préoccupantes et commencent à se généralise à l’ensemble des vergers. Un traitement d’hiver aux huiles blanches se justifie alors pleinement.

Quelques règles à respecter !

1- Pour le cas du M.persicae, il faut être vigilent lors des interventions. Cette espèce est connue par sa résistance croisée.

2-Dans le cas où la pullulation est concentrée sur quelques pieds, un traitement localisé à base d’un aphicide systémique est recommandé.

3-Utiliser un produit de contact si les feuilles ne sont pas encore enroulées. Si elles sont déjà crispées, il est conseillé d’intervenir avec des spécialités systémiques.

               

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